Logo

Frais universitaires : les étudiants salariés maintiennent la pression sur El Midaoui

Par Lesinfos -le

Frais universitaires : les étudiants salariés maintiennent la pression sur El Midaoui
La contestation contre les frais imposés aux fonctionnaires et salariés inscrits à l’université se poursuit. La Coordination nationale des concernés a annoncé deux nouvelles actions devant le Parlement et critique ouvertement le maintien d’Azzedine El Midaoui à la tête de l’Enseignement supérieur.

Le bras de fer autour des frais universitaires appliqués aux étudiants salariés ne retombe pas. La Coordination nationale des fonctionnaires et salariés soumis au régime du temps aménagé a décidé d’intensifier sa mobilisation à Rabat, avec deux nouveaux rendez-vous devant le Parlement.

 

L’organisation avait appelé à un sit-in nocturne mercredi 21 octobre à partir de 19h, suivi d’un rassemblement jeudi 22 octobre à 11h. À travers cette nouvelle séquence, elle réclame une nouvelle fois l’abandon des frais liés au régime à horaires aménagés et la garantie d’un accès gratuit à l’université publique, indépendamment de la situation professionnelle de l’étudiant.

 

El Midaoui directement visé

 

La contestation prend désormais une dimension politique plus marquée. Dans son communiqué, la Coordination critique le maintien d’Azzedine El Midaoui au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation dans le nouveau gouvernement.

 

Elle estime que la gestion du dossier sous son précédent mandat n’a pas permis de sortir de l’impasse et considère que sa reconduction risque de prolonger une politique qu’elle conteste depuis plusieurs mois.

 

Pour la Coordination, le problème ne peut être réglé par de simples ajustements administratifs. Elle réclame une remise à plat du dispositif et estime que le maintien des frais revient à conditionner l’accès à l’enseignement supérieur aux ressources financières des personnes souhaitant reprendre ou poursuivre leurs études tout en travaillant.

 

Le collectif considère ainsi que la question dépasse le seul fonctionnement des formations en temps aménagé et touche directement au principe d’égalité des chances.

 

Jusqu’à 20.000 DH pour un doctorat

 

Depuis la rentrée universitaire, plusieurs établissements ont appliqué des frais spécifiques aux fonctionnaires et salariés orientés vers le régime du temps aménagé.

 

Les montants constatés atteignent notamment 5.000 dirhams par an pour une licence, 15.000 dirhams pour un master et 20.000 dirhams pour un doctorat.

C’est précisément cette systématisation que les protestataires contestent. Selon eux, le statut professionnel ne devrait pas automatiquement obliger un étudiant à s’inscrire dans une formation payante lorsqu’il est en mesure de suivre un cursus aux horaires ordinaires.

 

Le cas du doctorat cristallise particulièrement les critiques. La Coordination estime que le travail doctoral repose largement sur la recherche individuelle et l’encadrement scientifique, ce qui rend selon elle difficilement justifiable l’application systématique de frais aussi élevés au titre d’un aménagement horaire.

 

La Cheffe du gouvernement également interpellée

 

La Coordination ne limite pas ses critiques au ministre de tutelle. Elle interpelle également la Cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, qu’elle appelle à intervenir pour mettre fin au dispositif.

 

L’organisation estime que le maintien de ces frais engage désormais la responsabilité politique du nouvel Exécutif. Elle rappelle que la question avait déjà été soulevée avant les élections et attend aujourd’hui une décision qui rompe avec la politique appliquée jusqu’ici.

 

Pour les protestataires, continuer à invoquer les procédures administratives ou la nécessité d’organiser différemment les cursus des salariés ne suffit plus. Ils réclament une décision claire sur la gratuité de leur accès aux formations universitaires publiques.

 

Une bataille autour de la gratuité de l’université

 

Au-delà des montants réclamés, le conflit porte donc sur deux conceptions de l’accès à l’enseignement supérieur.

Le ministère avait défendu la nécessité d’organiser les cursus adaptés aux personnes en activité professionnelle, notamment pour mettre de l’ordre dans les formations mélangeant étudiants classiques et salariés. Les contestataires, eux, refusent que cette organisation se traduise par une obligation de payer pour poursuivre leurs études.

 

La Coordination affirme vouloir maintenir une mobilisation pacifique et organisée jusqu’à l’obtention d’une réponse. Après plusieurs mois de contestation, de démarches auprès des institutions et de rassemblements devant le Parlement, le dossier reste ainsi ouvert.


Logo

Qui Sommes Nous ?

Lesinfos.ma , 10 ans d'actualités respectant les normes légales marocaines. Infos continues, alertes quotidiennes, et newsletter. Expérience éditoriale légitime et innovante en communication ciblée et marketing numérique.

2026 © LESINFOS.MA